Avec Swiss Alpine Emotion vos rêves deviennent réalité

Pieds nus dans la mousse, les yeux fermés, je songe que je me transforme en arbre. Un casse-noix distrait a laissé tomber une graine. J’en profite pour m’enfoncer dans le sol avec elle. C’est sombre mais il fait bon, une vraie doudoune naturelle. Là-haut le froid a pris ses quartiers d’hiver. L’odeur du bois en décomposition m‘endort. Je me réveille tout mouillé, les cristaux sont devenu eau, c’est l’apéro du printemps. Tout bouillonne en moi, je change de l’intérieur et ma noix se fendille. Je m’allonge, perfore la terre et soudain la lumière. Tout est vert pétant, moi aussi d’ailleurs. Mon corps s’élève vers le soleil. Ouf je n’ai été ni piétiné, ni dévoré par un chevreuil gastronome. Les années passent, mes fesses sont posées sur un gros rocher et je suis bien ancré dans le sol. Le vent ne me fait plus peur quand il vient me fouetter. Mes branches basses servent d’hôtel aux lichens et leurs drôles de barbes. Dans mon tronc, un pic a creusé un trou, une chouette en a profité pour en faire sa maison. On ne s’ennuie pas dans ma forêt. J’ouvre les yeux, devant moi un magnifique arole, mon miroir…

Le rêve est devenu réalité !

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Que tout vous soit propice et au plaisir de cheminer ensemble dans ce merveilleux jardin qu’est la nature.

«Il est content Pan, le grand maître de la nature. Là-haut, sur son nuage, il contemple son œuvre. Les grands arbres protègent les petits qui à leur tour offrent un abri aux fleurs, insectes, animaux... Soudain il entend ici-bas un brouhaha de mécontentement. «Qu’allons-nous faire sans odeurs se lamente le cerf, comment vais-je faire pour attirer les biches? Et nous, continuent les fleurs, les insectes ne viennent pas nous butiner». Alors Pan, conscient d’avoir oublié quelque chose de fondamental, propose aux éléments de la nature de partir autour de la terre et de trouver leur parfum. Quelque temps plus tard, tous reviennent ravis. La rose, pas facile à contenter, s’est attribué le parfum des fées. Les animaux choisissent le musc. Mélèzes, arolles, sapins tombent d’accord pour la résine, bref tout semble rentrer dans l’ordre.

Mais Pan entend soupirer: «ce n’est pas juste, toutes mes sœurs sont si belles avec leurs fleurs joliment décorées. Moi je n’ai qu’un ridicule chapeau pointu...». L’orchis vanillé est pourtant allé très loin afin de trouver une odeur originale. Mais l’arôme déniché là-bas, est tellement capiteux et puissant, que les insectes s’évanouissent à peine ils s’approchent d’elle.
 
Pan lui conseille alors d’aller faire un tour chez les hommes, peut-être que là elle trouvera de quoi peaufiner son effluve. L’orchis dévale alors la montagne et se retrouve en ville. Quelle horreur, ce bruit, cette puanteur, elle n’a qu’une envie, prendre tige à son cou. Soudain, une senteur irrésistible l’arrête. Si suave, si savoureuse qu’elle semble fondre sous les pétales. Elle se faufile dans la jungle urbaine à la poursuite de l’envoûtante fragrance. Elle passe sous la porte d’une maison un peu biscornue et se retrouve au pied d’immenses marmites. Montagnarde aguerrie, elle escalade le cuivre et se retrouve en équilibre sur son bord. Mais pas longtemps, la gourmande plonge dedans.

C’est depuis ce jour-là que l’orchis dégage un subtil mélange entre vanille et chocolat noir et parfume délicatement nos prairies alpines.»

Télécharger la version de ce conte illustrée par Virginie Duquette (PDF)